Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme et SAM pour les droits et libertés ont déclaré samedi 2 mai 2020 que les parties au conflit au Yémen devraient prendre des précautions immédiates pour protéger les civils dans les zones sous leur contrôle à la lumière de l'éclosion de la pandémie de coronavirus COVID19.

Dans une déclaration conjointe, Euro-Med et la SAM ont appelé à respecter les lois de la guerre et à garantir aux civils yéménites l’accès à l’aide humanitaire pour lutter contre la pandémie mondiale et protéger le droit à la santé.

Suite à l’annonce de deux décès et de sept cas de COVID19, le virus est devenu une menace sérieuse pour 30 millions de personnes au Yémen, avec le nombre élevé de cas dans les pays voisins et l’effondrement du système de santé dans le pays en raison de la guerre et des conflits internes.

La déclaration indiquait qu’environ la moitié des établissements de santé au Yémen fermaient leurs portes ou opéraient en partie en raison de l’impact de la guerre en cours sur le pays depuis 2015, et des attaques fréquentes contre les installations et les équipes médicales, qui a miné la capacité du système de santé de faire face à de telles pandémies ou maladies.

Les deux organisations ont averti que le conflit en cours entre le groupe Ansar Allah (Houthis) et les forces gouvernementales soutenues par la Coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite ont créé des conditions qui ont facilité l’apparition de plusieurs maladies ciblant des civils yéménites pendant des années, comme le choléra, la rougeole et la dengue.

Les deux organisations ont critiqué l’incapacité des autorités sanitaires à clairement planifier des mesures de précaution pour prévenir le risque du coronavirus, en particulier dans la capitale temporaire d’Aden, où le conflit interne entre les forces gouvernementales et le Conseil de transition séparatiste a entraîné l’interruption des efforts d’aide.

La déclaration a mis en garde contre les dangers d’une négligence continue qui conduirait à la propagation du virus dans d’autres villes yéménites, appelant le gouvernement à faire face de manière transparente à la pandémie, et à accroître l’intervention active de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de soutenir les efforts déployés pour combattre le COVID19 au Yémen.

La déclaration commune a dénoncé la fermeture des hôpitaux et des centres de santé face aux patients soupçonnés d’être infectés par le coronavirus, appelant à ouvrir une enquête complète et impartiale sur l’absence d’assistance médicale aux patients et aux cas critiques. Elle a notamment demandé que les organismes concernés soient tenus responsables du fait qu’ils n’exercent pas leurs fonctions professionnelles pouvant entraîner une responsabilité pénale.

Les deux organisations ont souligné que tout manquement des parties au conflit au Yémen à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher le déclenchement de la pandémie de coronavirus constitue une violation du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui stipule le droit de chaque être humain de «jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible», affirmant que les gouvernements sont tenus de prendre des mesures efficaces qui conduisent à «la prévention, le traitement et le contrôle des maladies épidémiques, endémiques, professionnelles et autres».