Genève – Une jeune femme de 21 ans de la bande de Gaza a été tuée par son père le 29 mai, ce qui a fait craindre que les protections contre la violence domestique ne soient insuffisantes, a déclaré l’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme. Il s’agit du deuxième meurtre de ce genre cette année dans la bande de Gaza.

Vendredi, vers 12 h 30, la jeune M.N.J, du village d’Al-Zawaida au centre de Gaza, a été annoncé morte à son arrivée à l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa à Deir Al-Balah. L’examen médical initial a révélé des signes de coups sur tout le corps. L’hôpital a immédiatement informé la police, qui a ouvert une enquête urgente et a transféré le corps de la jeune fille à l’équipe de médecine légale. Les experts ont aussi trouvé des marques associées à une strangulation sur son cou.

La police de Gaza a par la suite arrêté le père de la jeune fille, qui a avoué l’avoir tuée, et l’a renvoyé à l’accusation pour mener à bien les procédures judiciaires. Des sources policières ont déclaré qu’elle avait été battue par son père en raison d’un conflit familial.

En février, S. Sh. 25 ans, du quartier d’al-Nasser, à l’ouest de la ville de Gaza, a également été étranglé à mort par un membre de sa famille. Et bien que des statistiques précises ne soient pas disponibles, une étude de l’ONU l’an dernier a révélé que 38% des femmes palestiniennes dans la bande de Gaza, ou plus d’une sur trois, ont subi au moins la violence psychologique, physique, sexuelle, sociale ou économique de leur mari une fois au cours de l'année précédente.

« Les coutumes sociales empêchent les femmes de révéler les abus domestiques au sein de la famille », a déclaré Nada Nabil, porte-parole d’Euro-Med. « Elles se sentent obligées de garder le silence et de ne pas faire rapport, craignant de payer un prix plus élevé s’elles le faisaient. Ces incidents ne peuvent être réglés uniquement par des lois plus strictes. Les lois devraient plutôt s’accompagner de campagnes de sensibilisation intensifiées sur les droits des femmes. »

Les autorités compétentes de la bande de Gaza devraient prendre les mesures nécessaires pour enquêter sur les incidents de tels abus, tenir les auteurs responsables et mettre en place les lois et autres mécanismes nécessaires pour protéger les femmes et les filles contre la violence. De plus, un organisme gouvernemental fiable devrait être désigné pour recevoir les plaintes des femmes battues et leur offrir du soutien.