Genève – Les mesures prises par les États-Unis contre les responsables de la Cour pénale internationale (CPI) couvrent directement les personnes qui violent les droits de l’homme, a déclaré l’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme dans un communiqué. La CPI est un outil essentiel pour parvenir à la justice dans le monde et mettre fin à l’impunité des crimes les plus graves.

Le président américain Donald Trump a publié jeudi un décret autorisant le gel des avoirs et imposant une interdiction de voyager aux fonctionnaires de la CPI impliqués dans l’enquête sur les fonctionnaires américains, y compris leurs familles, et a suspendu la délivrance de visas d’entrée pour eux aux États-Unis.

« Cette mesure représente une escalade dans la poursuite par les États-Unis d’entraver la réalisation de la justice pénale internationale, et elle mine la confiance internationale dans le respect des accords internationaux, en particulier le cadre juridique établi par le Statut de Rome en vertu duquel la CPI a été créée », a déclaré Ramy Abdu, président d’Euro-Med.

 Les sanctions imposées par des pays comme les États-Unis devraient viser les contrevenants aux droits de l’homme, et non les fonctionnaires qui demandent justice et réparation pour les victimes dans le monde entier. 

 Les pays du monde doivent respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire de la CPI, l’indépendance de ses poursuites publiques et soutenir la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes de droit international. Le rôle de la CCI est complémentaire aux compétences nationales. L’imposition de sanctions à la Cour est un effort de chantage et d’influence sur son travail, et c’est une insulte à toutes les victimes qui demandent justice. 

C’est la responsabilité juridique, éthique et humanitaire des pays du monde de défendre la compétence de la CPI et de soutenir ses enquêtes et d’exercer ses fonctions sans entrave, compte tenu de la pression généralisée exercée sur l’État de droit international.

Les États-Unis devraient s’abstenir de prendre des mesures contre la CPI, agir conformément à leurs obligations en tant que signataire du Statut de Rome et soutenir les enquêtes et les activités de la Cour en vue de promouvoir les efforts visant à instaurer la justice et l’État de droit.