Genève - Le système international de protection des droits et de la sécurité des réfugiés est gravement dégradé, et comme les conflits armés et les catastrophes naturelles continuent de conduire leur fuite vers d’autres pays, une action immédiate s’impose, a indiqué l’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme.

Un nouveau rapport Euro-Med, intitulé « Refuge amer : rapport de situation 2020 sur les réfugiés », estime que le nombre de réfugiés aujourd’hui est d’environ 25,9 millions, dont 19,9 millions relèvent du mandat du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. 5,4 millions de Palestiniens sont couverts par l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA). Les 3,5 millions restants sont des demandeurs d’asile.

 

La croissance rapide du nombre de réfugiés au cours des dernières années a suscité des craintes dans les pays de destination, où les résidents craignent le péage sur les ressources rares et les économies déjà tendues. Le résultat a été la poursuite des mesures pour limiter les arrivées.

 

Parmi ces pratiques figure la fermeture ou le resserrement des restrictions aux passages frontaliers, ainsi que le retour forcé et le refus de services et les droits protégés à l’échelle internationale.

 

La constance des conflits armés dans plusieurs régions d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient a alimenté la crise des réfugiés en cours, ainsi que le flux de demandeurs d’asile, a déclaré Tariq Liwaa’a, le conseiller juridique Euro-Med. Des efforts soutenus à l’échelle internationale pour partager le fardeau entre les pays sont nécessaires, ainsi que des mécanismes plus efficaces pour fournir un soutien et assurer l’assimilation. Toutefois, des efforts coordonnés sont tout aussi importants pour mettre fin à l’exode humain en mettant fin aux conflits armés et en pénalisant les gouvernements et les factions responsables.

 

Le rapport d’Euro-Med présente le contexte de l’explosion du trafic humain, y compris les statistiques, les facteurs de motivation, les pays d’origine, les itinéraires empruntés et leur traitement en cours de route. Le nombre de décès et leurs causes au cours de leurs déplacements respectifs sont également documentés.

 

L’ONG appelle à l’activation du principe de la charge partagée, tous les membres de la communauté internationale aidant les pays hôtes. Tous les pays, en particulier le Liban et la Jordanie, doivent adhérer à la Convention de 1951 sur les réfugiés et à son protocole de 1967, qui créent un cadre juridique et des droits de l’homme intégré pour protéger les réfugiés. De même, selon Euro-Med, les gouvernements d’accueil devraient assumer leurs responsabilités en permettant aux réfugiés d’exercer les droits garantis par les conventions et les pactes relatifs aux droits de l’homme, y compris le non-refoulement (retour à des conditions dangereuses).

 

Il est nécessaire que les gouvernements et les sociétés combattent la discrimination raciale et les mauvais traitements en fonction de leur statut. Les gouvernements devraient ouvrir la voie à l’éradication de la haine et à la promotion d’un discours rationnel fondé sur la reconnaissance de la dignité humaine.

 

De leur côté, les organisations et les organismes travaillant sur les questions relatives aux réfugiés doivent travailler plus efficacement pour encourager l’acceptation sociale des réfugiés et des migrants en parrainant des ateliers, des événements communautaires et d’autres formes de sensibilisation. De plus, ils peuvent aider en aidant au processus d’inscription des réfugiés et en assurant le suivi des demandes rejetées.