Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a décrit dans une déclaration orale devant le Conseil des Droits de l'Homme, lundi 21 septembre, les sanctions unilatérales prises par certains pays contre la population civile comme une "arme mortelle qui peut entraîner la mort de civils, en particulier à la lumière des risques sans précédent posés par la pandémie de Corona".

Dans une déclaration commune avec l'Institut international pour les droits et le développement, Euro-Med a déclaré lors de la 45e session du CDH que "le blocus israélien, qui dure depuis 13 ans, a eu de graves répercussions sur toutes les sphères de la vie dans l'enclave assiégée, les secteurs économique et sanitaire étant les plus touchés".

La déclaration orale de Tayim Al-Youssef, chercheur à Euro-Med, a précisé : "Alors que Gaza lutte contre l’épidémie de Covid-19, elle est confrontée à une pénurie de 47% de médicaments essentiels et de 33% de consommables médicaux. Sa population est incapable de se faire soigner à l'étranger, et la pandémie a encore compromis la fragile économie de l'enclave. En d'autres termes, le blocus de Gaza devient presque une condamnation à mort pendant la pandémie.

"Les populations civiles ne devraient pas supporter tout le poids des disputes politiques entre différents groupes ou pays. Cependant, comme nous avons pu le constater à Gaza, les sanctions ont eu un impact aveugle et ont été un outil de punition collective qui a fortement aggravé la vie des civils pour faire pression sur les élites politiques ou leur arracher des concessions.

"Un bourbier similaire dans la région se produit au Qatar depuis 2017, où l'Arabie saoudite, le Bahreïn et les Émirats arabes unis ont imposé arbitrairement un blocus, qui a coupé d'innombrables familles les unes des autres à travers les frontières. Cette crise diplomatique n'est toujours pas résolue et aucun effort sérieux n'est en vue d'y mettre fin, ce qui laisse présager que le blocus pourrait devenir un statu quo perpétuel.

Euro-Med et l'Institut international pour les droits et le développement de Genève appellent lesdits pays à lever immédiatement leurs sanctions afin de garantir la sécurité et le bien-être des populations civiles en ces temps sans précédent".

 

Contexte

Euro-Med participe régulièrement aux activités du Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies, qui tient trois sessions régulières chaque année. En marge de ces sessions, Euro-Med examine, par le biais de déclarations orales et de séminaires spéciaux, les questions urgentes relatives aux droits de l'homme dans ses domaines d'activité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ce qui vise à faire entendre la voix des victimes et à dénoncer les violations dont elles sont victimes et leurs auteurs. L'organisation adresse en permanence des demandes au Conseil et aux États membres pour qu'ils agissent et prennent les mesures appropriées pour assurer la protection des droits de l'homme et la cessation des violations.