Genève - Dans une déclaration orale devant le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a exprimé sa profonde inquiétude face à l'escalade des violations israéliennes contre les organisations et défenseurs des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés, compte tenu de l'absence de toute action sérieuse de la part de la communauté internationale pour faire face à ces violations et mettre fin à la politique d'impunité.

Dans une déclaration conjointe avec l'Institut international pour les droits et le développement (IRDG) dans le cadre du débat général du CDH sur la situation des droits de l'homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés lors de la 45ème session du CDH, Euro-Med a passé en revue des exemples d'attaques israéliennes contre les défenseurs des droits de l'homme dans les territoires palestiniens afin de souligner les graves conséquences de cette politique sur la restriction du travail des droits de l'homme et l'entrave à la documentation, au suivi et à la lutte contre les violations en cours.

Michela Pugliese, chercheuse à Euro-Med, a noté dans la déclaration qu’Euro-Med, son président, Ramy Abdu, et une partie de son personnel sont soumis à un harcèlement israélien continu tel que des campagnes de diffamation et des restrictions sur leur travail et leurs déplacements dans le cadre du travail de l'organisation pour exposer les violations israéliennes, en particulier le blocage de la bande de Gaza et l'attaque militaire dévastatrice de l'été 2014.

 

La déclaration ajoute que les autorités israéliennes continuent d'empêcher, sous prétexte de "préoccupations sécuritaires" non déclarées, l'officier d'Amnesty International Laith Abu Ziyad d'accompagner sa mère à Jérusalem-Est pour assister à ses séances de chimiothérapie. Ces justifications sont souvent utilisées pour se venger de ses activités en documentant les violations israéliennes.

Sur la base d'une loi adoptée par les autorités en 2017 qui autorise l'expulsion des étrangers soutenant le boycott d'Israël en raison de son traitement inhumain avec les Palestiniens, la Cour suprême israélienne a confirmé en novembre 2019 une autre décision arbitraire d'expulser Omar Shakir, le directeur de Human Rights Watch dans les Territoires Palestiniens occupés.

En 2016, Israël a utilisé les règlements de défense (d'urgence) de 1945, datant du mandat britannique, pour interdire le travail d'un grand nombre d'associations civiles et caritatives dans les territoires palestiniens occupés, y compris celui d’Euro-Med. Israël utilise ces règlements à grande échelle pour punir et dissuader quiconque critique et documente ses violations.

Les deux organisations ont appelé la communauté internationale à confronter la politique israélienne systématique consistant à museler toute voix qui critique ses pratiques et expose ses violations dans les territoires palestiniens et à soutenir le travail de ces organisations afin de garantir que la surveillance et la documentation des violations israéliennes se poursuivent, ce qui contribuera à lui faire rendre des comptes.

Contexte                                                                                                           

Euro-Med participe régulièrement aux événements du Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies, qui tient trois sessions par an. Par le biais de déclarations orales et de séminaires spéciaux en marge du Conseil, Euro-Med met en lumière les questions urgentes relatives aux droits de l'homme au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, afin d'amplifier la voix des victimes et de dénoncer les violations et leurs auteurs. Euro-Med appelle à plusieurs reprises le Conseil et les États membres à prendre des mesures appropriées pour protéger les droits de l'homme et mettre fin aux violations.