Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a mené une étude en coopération avec l'Université de York intitulée "Les risques encourus par les réfugiés handicapés en Turquie : Comment atténuer les risques et les défis pour élaborer une réponse humanitaire adaptée".

L'étude, qui a été publiée à l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées le 3 décembre, portait sur les risques auxquels sont confrontés les réfugiés handicapés et sur les handicaps dont ils souffrent, notamment la vision, l'audition, la capacité à se déplacer, la communication, la barrière linguistique, l'auto-prise en charge, les maladies chroniques, les effets et la santé mentale.

L'aide humanitaire, la disponibilité de la nourriture, l'eau et l'assainissement, le logement, les services de soins de santé, la réhabilitation, les dossiers de participation, l'emploi, les revenus, l'éducation, la formation professionnelle et l'intégration dans la communauté ont été les principales questions abordées par l'étude.

L'étude a établi le fait que la Turquie est connue pour accueillir des réfugiés qui ont fui leurs pays déchirés par la guerre comme la Syrie, qui constituent la grande majorité des réfugiés en Turquie. L'étude a souligné la nécessité pour le gouvernement turc d'accorder une attention particulière aux réfugiés handicapés afin de répondre à leurs besoins.

L'étude comprend de nombreux exemples de réfugiés handicapés en Turquie, les défis auxquels ils sont confrontés, leurs conditions de vie et leurs besoins qui, s'ils sont satisfaits, amélioreront leur vie.

L'étude a souligné qu'à leur arrivée en Turquie, les réfugiés se sont trouvés confrontés à un certain nombre de défis tels que les soins de santé. Le problème des soins de santé doit être abordé afin d'apporter un soutien solide et un environnement favorable aux réfugiés handicapés.

L'étude a démontré que les handicaps sont plus fréquents parmi les groupes qui fuient les conflits, par rapport aux 15% de la population mondiale qui, selon les estimations, vivent avec une forme de handicap. Les personnes handicapées sont parmi les plus marginalisées, exclues et négligées de toutes les personnes déplacées. En outre, l'isolement, causé par la perte de membres de la famille ou de soignants, rend les personnes handicapées vulnérables à la violence physique et sexuelle, à l'exploitation, à la traite des êtres humains, au harcèlement et à la discrimination.

Cette étude a montré qu'offrir un environnement inclusif aux réfugiés handicapés constitue une lourde charge pour tout pays d'accueil, comme la Turquie, car il doit prendre des mesures et des politiques nouvelles et appropriées pour les aider à mener leur vie, ce qui nécessite la fourniture d'équipements spéciaux dans toutes les installations.

En général, les réfugiés handicapés souffrent d'un manque de soins et de services sociaux adéquats. Et comme leur famille se trouve dans leur pays d'origine, ils risquent d'être perdus lorsqu'ils sont contraints de quitter leur pays d'origine, ce qui les rend plus vulnérables à l'exploitation et aux abus.

Selon les conclusions de l'étude, le gouvernement turc et les organisations non gouvernementales devraient prendre des mesures humanitaires avancées, notamment en établissant une carte démographique pour identifier les réfugiés handicapés, en construisant des centres de santé plus spécialisés pour aider les réfugiés souffrant de problèmes de santé mentale tels que l'autisme et en employant des spécialistes pour traiter ces cas.

L'étude exhorte le gouvernement turc à fournir des services de santé mentale gratuits aux réfugiés handicapés, à prévoir des zones sûres et calmes dans les camps où les réfugiés autistes peuvent vivre, à former les cadres dans les camps sur la manière de communiquer efficacement avec eux et à augmenter le nombre d'interprètes dans les camps de réfugiés, en particulier dans les camps de réfugiés proches de la frontière avec la Syrie.

Outre le développement d'installations sanitaires telles que des toilettes, l'étude préconise la création d'un camp ou d'une zone spécifique pour les réfugiés handicapés et l'octroi aux réfugiés du droit de se déplacer d'une ville à l'autre.

La nécessité de diffuser du matériel de sensibilisation auprès de la population locale, notamment dans les écoles, afin de mobiliser la sympathie pour les réfugiés handicapés, a été soulignée dans l'étude.

Euro-Med Monitor et l'Université de York ont demandé que le contrat de location protège légalement les réfugiés ayant des problèmes de mobilité, et que les ONG turques coopèrent à l'élaboration d'une stratégie pour servir les réfugiés handicapés en ce qui concerne la santé mentale et le soutien psychologique, et fournissent des conseils psychologiques et mentaux gratuits pour alléger la pression sur le système de santé en Turquie.