La situation de 1,000 demandeurs d'asile dans le "nouveau centre de détention de Malakasa", financé par l'UE, dans la région d'Athènes en Grèce, est très préoccupante, a déclaré aujourd'hui l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme. Sans eau potable, avec de fréquentes coupures d'électricité et des tentes non équipées pour résister à des hivers très froids, les conditions épouvantables que les migrants et les demandeurs d'asile sont contraints de subir indéfiniment dans ces camps représentent de sérieux risques pour leur santé et leur bien-être physique et mental.

En mars 2020, le gouvernement grec ayant illégalement publié un décret d'urgence qui a suspendu les procédures d'asile, les migrants arrivant dans le pays ont été placés dans des centres de détention informels tels que les centres de Kleidi et de Serrès, le navire de la marine "Rhodes" et le "nouveau centre de Malakasa". Le nouveau Malakasa est devenu par la suite un projet pilote pour le ministère grec de la migration et de l'asile. Il a reçu un financement de 4,9 millions d'euros pour la construction et l'entretien, provenant de l'aide d'urgence de l'UE du Fonds d'asile, de migration et d'intégration (AMIF) dans le cadre du programme METOIKOS.

Le nouveau camp de Malakasa, qui accueille actuellement un millier de demandeurs d'asile originaires de Syrie, de Somalie, du Congo et d'Afghanistan, suscite de graves inquiétudes quant à la sécurité et au bien-être des résidents. Malgré le généreux financement de l'UE, le camp ne dispose toujours pas des infrastructures nécessaires telles que l'eau courante, les espaces communs ou les espaces adaptés pour les femmes et les enfants. Les pénuries d'électricité sont fréquentes, les soins médicaux sont inadéquats et les tentes où les résidents sont confinés sont très peu viables.  Une vidéo des tentes du nouveau Malakasa datant de décembre 2020 a clairement montré à quel point ces tentes sont extrêmement vulnérables et mal équipées pour résister aux températures froides, aux vents violents et aux fortes pluies.

De plus, les résidents du nouveau Malakasa se sont plaints que le camp est un véritable champ de violence et de harcèlement sexuel. Ils se sont également plaints du fait que les enfants sont privés de leur droit à une éducation appropriée ou à des espaces de jeu sûrs, et qu'au lieu de cela, ils jouent dans la saleté et reçoivent une éducation informelle. L'absence de connexion wi-fi dans le camp prive encore davantage les enfants de l'accès à l'éducation en ligne.

"Les conditions de vie difficiles dans le nouveau camp de Malakasa, en Grèce, violent le droit des migrants à un logement et à une santé adéquats, tel que consacré par la Déclaration universelle des droits de l'homme et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels", a déclaré Mohammed Shehada, directeur régional du bureau européen d'Euro-Med Monitor. "L'UE devrait s'assurer que son financement va dans les bonnes mains et exiger du gouvernement grec des actions concrètes en faveur du respect, de la protection et de la réalisation des droits des demandeurs d'asile placés sous sa garde".

 

Euro-Med Monitor rappelle que l'Art. 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme affirme que "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de (...) manque de moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté". De même, nous soulignons l'art. 12 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié par les 27 États membres de l'Union européenne, et l'article 17.2 de la Directive 2013/33/UE, qui établit des normes pour l'accueil des demandeurs de protection internationale, qui stipule que "les États membres veillent à ce que les conditions matérielles d'accueil assurent un niveau de vie adéquat aux demandeurs, qui garantisse leur subsistance et protège leur santé physique et mentale".

Euro-Med Monitor appelle donc la Commission Européenne et le gouvernement grec à travailler immédiatement à l'amélioration significative des conditions de vie des demandeurs d'asile dans le nouveau centre de Malasaka financé par l'UE, y compris en leur fournissant un logement, une protection et une alimentation adéquats en plus d'un accès régulier aux soins de santé, à l'éducation et aux espaces communs. En outre, Euro-Med appelle le gouvernement grec à accélérer la procédure d'asile afin de permettre l'intégration des demandeurs d'asile dans la société plutôt que de les confiner pendant des périodes inhumaines dans des centres de détention.