Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a exprimé sa vive inquiétude concernant l'arrestation par les autorités israéliennes d'une employée de l'ONU à Jérusalem, et a demandé sa libération immédiate et inconditionnelle.

   L'arrestation de l'employée des Nations Unies Shirin Al-Araj est une mesure inquiétante qui nécessite une action sérieuse de la part des Nations Unies et des agences concernées   

Muhammad Imad, le conseiller juridique d'Euro-Med Monitor

Les autorités israéliennes ont arrêté l'employée de l'ONU et militante des droits de l'homme, Shireen Al-Araj, le 25 janvier, devant le tribunal de première instance de Jérusalem. Elle a été convoquée à un interrogatoire pour "contact avec des clients et des personnes étrangères".

Al-Araj, qui détient une carte d'identité israélienne en plus d'un passeport diplomatique de l'ONU, était retournée dans les territoires palestiniens après une interdiction israélienne qui a duré cinq ans. Son avocat l'avait contactée pour l'informer qu'elle devait retourner dans les territoires palestiniens pour renouveler ses papiers de résidence, faute de quoi elle perdrait sa résidence et deviendrait "réfugiée", ce qui lui interdirait à nouveau l'entrée dans les territoires palestiniens.

Le 24 janvier, à la frontière entre la Jordanie et les territoires palestiniens (Al-Jisr), Al-Araj a été interrogée dès son arrivée, où elle a reçu l'ordre de se rendre le lendemain au tribunal de première instance de Jérusalem pour une enquête plus approfondie de la police israélienne.

À son arrivée au tribunal, les agents des services de renseignement israéliens ont arrêté Al-Araj près de la porte du tribunal, l'ont emmenée chez elle et ont confisqué ses ordinateurs et ses téléphones portables. Ensuite, elle a été emmenée à la prison de Petah Tikva, dans le centre d'Israël. Les autorités israéliennes ont empêché son avocat et un avocat israélien désigné par l'ONU de la rencontrer ou même d'être avec elle pendant l'interrogatoire.

Al-Araj a travaillé avec l'ONU dans plusieurs organisations et programmes, dont l'UNRWA, le Fonds des Nations Unies pour la population et le Haut-Commissariat en Turquie. Cela signifie qu'elle a un dossier brillant dans les domaines des droits de l'homme, de l'humanitaire et des services, ce qui exclut les accusations israéliennes à son encontre.

Israël restreint le travail des travailleurs de l'ONU dans les territoires palestiniens, malgré la coordination de l'ONU avec les autorités israéliennes. Les autorités israéliennes suivent également une politique stricte avec les défenseurs locaux et internationaux des droits de l'homme et imposent des restrictions importantes sur l'octroi de visas d'entrée en Israël ou l'accès aux territoires palestiniens.

En octobre dernier, Euro-Med Monitor avait déposé une plainte auprès du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies concernant la politique israélienne à l'égard du travail des organisations internationales et des défenseurs des droits de l'homme dans les territoires palestiniens. Euro-Med Monitor avait alors clairement indiqué que son président, Rami Abdu, et certains de ses employés sont constamment soumis à des harcèlements, des campagnes de distorsion et des restrictions de mouvement de la part d'Israël, dans le cadre de l'activité de l'organisation qui consiste à dénoncer les violations israéliennes.

Pour sa part, le conseiller juridique d'Euro-Med Monitor, Muhammad Imad, a déclaré "L'arrestation de l'employée des Nations Unies Shirin Al-Araj est une mesure inquiétante qui nécessite une action sérieuse de la part des Nations Unies et des agences concernées, d'autant plus que le contexte de l'arrestation et les charges retenues contre elle démontrent clairement la violation par les autorités israéliennes des règles juridiques internationales qui prévoient une protection spéciale pour les employés des Nations Unies et de ses agences, ce qui constitue un défi évident aux accords des Nations Unies dans le domaine de l'immunité diplomatique et juridique de ces groupes".

Imad a déclaré qu'il devrait y avoir une intervention décisive de l'ONU pour empêcher Israël de continuer à violer les droits garantis aux employés de l'ONU.

L'arrestation d'Al-Araj viole de nombreuses conventions internationales, telles que la Déclaration universelle des droits de l'homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui interdisent les arrestations et les détentions arbitraires sans fondement juridique. Le comportement des autorités israéliennes est contraire à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, car l'article 7 de l'accord stipule que "les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour assurer la sûreté et la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé. En particulier, les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour protéger le personnel des Nations Unies et le personnel associé qui sont déployés sur leur territoire".

Les autorités israéliennes doivent libérer Al-Araj immédiatement et inconditionnellement, et doivent respecter les normes juridiques relatives à la protection du personnel des Nations Unies. Les agences compétentes des Nations Unies devraient enquêter sur l'incident et obliger Israël à fournir des explications sur sa poursuite des employés des Nations Unies dans les territoires palestiniens.