Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a salué aujourd'hui une lettre signée par quelque 450 députés européens, adressée aux ministres des affaires étrangères de l'UE, appelant à faire pression sur Israël pour mettre fin à l'"annexion de facto" de la Cisjordanie.  

   Cette position à grande échelle des parlementaires européens doit être traduite sur le terrain par une révision des accords de partenariat et de coopération européens avec Israël   

Ramy Abdu, le président d'Euro-Med Monitor

La lettre des députés européens a pour objectif de respecter le droit international concernant l'interdiction de toute annexion des terres occupées par l'État occupant, y compris les violations que cela implique du fait du déplacement forcé de la population civile.

Les signataires de la lettre incluent des députés de 22 pays européens, en plus des membres du Parlement européen. La grande majorité est affiliée à des partis de centre-gauche, tels que les Sociaux-Démocrates et les Verts.

La lettre affirme que les politiques israéliennes en Cisjordanie éliminent la possibilité d'une solution à deux États et enracinent une réalité à un seul État, caractérisée par l'inégalité des droits et un conflit perpétuel. Elle appelle également l'UE à profiter du changement de l'administration américaine "comme une opportunité bien nécessaire pour aborder le conflit israélo-palestinien avec un effort renouvelé".

"Cette position à grande échelle des parlementaires européens doit être traduite sur le terrain par une révision des accords de partenariat et de coopération européens avec Israël", a déclaré le président d'Euro-Med Monitor, Ramy Abdu.

"Les projets d'Israël d'annexer effectivement des parties de la Cisjordanie, en plus de violer les lois internationales et de faire preuve d'un mépris plus flagrant à leur égard, conduiront à une exacerbation de décennies de violations des droits de l'homme contre les Palestiniens".Les développements sur le terrain témoignent clairement de la rapidité de l'annexion effective, notamment par l'expansion accélérée des colonies et la démolition des bâtiments palestiniens.La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est considérée comme un territoire occupé en vertu du droit international, ce qui rend illégales toutes les colonies israéliennes qui s'y trouvent, ainsi que les zones qu'il est prévu d'annexer.

En juillet 2020, 1 080 membres des sociétés nationales et du Parlement européen ont signé une lettre commune, dénonçant le plan d'annexion israélien de certaines parties de la Cisjordanie et demandant instamment aux dirigeants de l'UE d'arrêter le plan proposé et de préserver les perspectives d'une solution à deux États.

Une position européenne plus ferme est nécessaire contre l'annexion réelle par Israël des terres palestiniennes, basée sur le fait que la saisie de terres par la force est un crime de guerre et porterait un coup sévère au système international qui réclame une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

La Cour Pénale Internationale (CPI) devrait rapidement ouvrir une enquête officielle sur les violations israéliennes dans les territoires palestiniens, notamment en ce qui concerne la démolition de maisons et la confiscation de terres palestiniennes. Ces violations ont des effets et des conséquences dévastateurs sur la vie des citoyens palestiniens, leur économie et l'avenir de leurs enfants, qui constituent des crimes contre l'humanité dont le droit international est tenu responsable.