Genève - L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a publié les résultats du deuxième rapport de l'équipe d'investigation et d'identification (IIT) de l'OIAC concernant l'attaque de la ville de Saraqib, dans le nord de la Syrie, le 4 février 2018, qui confirme que l'armée syrienne était responsable du ciblage de la zone avec du gaz de chlore, a déclaré l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme.

Après une enquête approfondie sur toutes les causes de l'accident, l'organisation est parvenue à la conclusion qu'il existe des motifs raisonnables de croire qu'à environ 21 h 22 le 4 février 2018, un hélicoptère militaire de l'armée de l'air arabe syrienne a frappé l'est de Saraqib en larguant au moins une bouteille, affectant 12 personnes.

L'OIAC a publié une autre enquête en avril 2020, confirmant la responsabilité du régime syrien dans des attaques au gaz sarin et au chlore sur des zones de la campagne de Hama, dans le nord de la Syrie, qui ont fait une cinquantaine de blessés. Outre des dizaines de preuves de terrain et de témoins oculaires, l'enquête devrait conduire à une responsabilisation internationale urgente du régime syrien pour son utilisation d'armes non conventionnelles contre des civils.

En septembre 2013, les parties internationales ont convenu de détruire le stock d'armes chimiques du régime syrien, et l'OIAC a annoncé en août 2014 sa destruction.... Cependant, les preuves sur le terrain et les attaques que le régime syrien a menées par la suite, confirment que ces conclusions sont erronées, car le régime continue de cibler les civils avec ces armes mortelles sans dissuasion.

Les résultats de l'enquête démontrent la gravité des conséquences de l'impunité des responsables syriens, et la nécessité de leur demander des comptes pour leur implication dans des crimes contre l'humanité depuis le début du conflit en 2011.

En 2013, le Conseil de sécurité a émis la résolution 2118 criminalisant l'utilisation d'armes chimiques conformément à l'article 7 de la Charte des Nations unies. En cas de non-respect de la résolution, le Conseil doit imposer les mesures nécessaires de l'article sept.

Le Canada et les Pays-Bas, qui ont annoncé en mars 2021 que des mesures étaient prises pour que le régime syrien réponde de ses violations à l'encontre des civils, ainsi que cette enquête sont des mesures positives qui doivent être rendues publiques. Des mesures concrètes doivent également être prises pour protéger les civils syriens et empêcher leur persécution.

Le Conseil de sécurité devrait prendre des mesures pour mettre fin à l'utilisation par le régime syrien d'armes chimiques contre des civils, veiller à ce que le régime soit définitivement dépourvu d'armes non conventionnelles et demander des comptes à tous ceux qui sont impliqués dans ces attaques odieuses.