Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a fermement condamné la démolition de dizaines de bâtiments résidentiels dans la ville de Gaza par les forces israéliennes, entraînant un bilan choquant de 33 morts et 50 blessés, en majorité issus de la même famille, jusqu'à présent. Ce crime a eu lieu au début du septième jour de la vaste opération israélienne "Wall Guard" contre la bande de Gaza.

 

Selon les premiers relevés de l'équipe Euro-Med Monitor, les avions de guerre israéliens ont tiré un grand nombre de missiles sur un quartier résidentiel de la rue Al-Wehda, composé de 5 bâtiments contenant de nombreux appartements, sans avertissement préalable, parallèlement au bombardement intense des rues et des carrefours de la zone.

 

Les équipes d'ambulanciers et la défense civile ont été confrontées à de grandes difficultés lors de la récupération des victimes et des survivants sous les décombres, dans un état de choc face à l'ampleur de la destruction qui s'est abattue sur la zone.

 

Alors que certains survivants ont pu être retirés des décombres, 33 morts ont été retrouvés, dont 12 femmes et 8 enfants, en plus de 50 blessés souffrant de diverses blessures, la plupart étant des enfants et des femmes. La plupart d'entre eux étaient issus de 3 familles, où des familles entières ont été effacées ou ont perdu un grand nombre de leurs membres.  Un grand nombre de personne sont toujours portées disparues sous les décombres, certaines sont vivantes, et des tentatives sont faites pour les sauver avec les moyens de secours les plus modestes des équipes de la défense civile qui ne disposent pas des moyens et outils appropriés pour ce genre de cas à cause du blocus israélien.

Suite à ces raids, l'armée israélienne a annoncé qu'elle avait visé plus de 90 cibles du Hamas et du Djihad islamique dans la bande, mais le ciblage massif de civils dans la rue Al-Wahda à Gaza contredit ces allégations et indique que les civils et leurs biens sont devenus une cible injustifiée des forces israéliennes.

 

Selon les dernières informations du ministère palestinien de la Santé, depuis lundi dernier (10 Mai) 187 personnes ont été tuées, dont 52 enfants et 31 femmes, et 1 225 ont été blessées, et ce chiffre risque encore d'augmenter.

 

En violation flagrante des dispositions du droit humanitaire international, garantissant la protection de la santé et des installations médicales, des drones israéliens ont bombardé un centre de santé (Shuhada al-Daraj) avec deux missiles, causant de graves dégâts au centre et y interrompant le travail.

 

En outre, les forces israéliennes ont directement visé les principales voies et routes de Gaza, dans le cadre de la plus grande opération de destruction des infrastructures.

 

Euro-Med Monitor a confirmé que ses équipes continuent, malgré les difficultés actuelles, de documenter les attaques à la bombe et les crimes en cours qui équivalent à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

 

Euro-Med Monitor indique qu'Israël continue d'utiliser sa stratégie de ciblage délibéré des maisons civiles et d'anéantissement des quartiers résidentiels, tout comme lors des précédentes attaques militaires, sans aucun respect des règles du droit humanitaire international, exploitant l'incapacité du système international à tenir Israël responsable de ses précédentes violations.

 

L'Observatoire des Droits de l'Homme a déclaré que l'article 25 du Règlement de La Haye concernant les lois et coutumes de la guerre terrestre stipule que : "Il est interdit d'attaquer ou de bombarder, par quelque moyen que ce soit, des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus". L'article (53) de la quatrième Convention de Genève affirme également que : "Il est interdit à la Puissance occupante de détruire des biens mobiliers ou immobiliers, appartenant individuellement ou collectivement à des personnes privées, à l’état ou à des collectivités publiques, à des organisations sociales ou coopératives, sauf dans les cas où ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires."

 

La destruction de biens non justifiée par des nécessités militaires et à grande échelle constitue une violation grave de la Convention en vertu de son article (147), et un crime de guerre en vertu du Statut de la Cour Pénale Internationale (Article 8 (2) (b) (2)).

 

L'Observatoire a confirmé que le silence de la communauté internationale, y compris la position peu concluante et négative de l'Union Européenne envers l'enquête de la Cour Pénale Internationale sur les crimes de guerre dans les territoires occupés, a contribué à l'escalade des violations des droits des Palestiniens par Israël, sans dissuasion.

 

Euro-Med Monitor a appelé tous les responsables à agir de manière décisive pour arrêter l'attaque israélienne violente et injustifiée sur la bande de Gaza, et à faire tous les efforts possibles pour mettre fin aux opérations militaires faisant de nouvelles victimes civiles chaque heure.

 

Euro-Med Monitor a appelé la Cour Pénale Internationale à surveiller les violations israéliennes en cours dans la bande de Gaza, à les intégrer aux enquêtes qu'elle a récemment décidé de mener sur les violations précédentes, et à travailler pour que les dirigeants et les soldats israéliens soient tenus responsables et ne puissent pas bénéficier de l'impunité.