Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a publié hier un nouveau rapport documentant plusieurs violations du droit international humanitaire commises par Israël lors de sa récente attaque militaire sur la bande de Gaza du 10 au 21 mai. La Cour Pénale Internationale (CPI) doit demander des comptes aux dirigeants et soldats israéliens et ne pas les laisser bénéficier de l'impunité.

Intitulé " Enfer inéluctable ", le rapport examine les violations commises par l'armée israélienne lors de sa récente attaque militaire contre la bande de Gaza, assiégée depuis près de 15 ans.

Le rapport est basé sur des recherches sur le terrain et la documentation de l'équipe d'Euro-Med Monitor pendant et après l'attaque militaire. L'équipe a mené des dizaines d'entretiens sur le terrain et a suivi les violations graves commises par les forces israéliennes pendant leur opération.  

   L'attaque a causé une destruction massive des infrastructures, des objets civils et des maisons, dont beaucoup ont été bombardées avec des résidents à l'intérieur   

Des statistiques appuient le rapport, qui présente une documentation quotidienne de l'attaque israélienne, y compris des violations telles que des massacres et des meurtres prémédités en ciblant délibérément des rassemblements de citoyens et des véhicules.

Les forces israéliennes ont également pris pour cible des enfants, des femmes (y compris des femmes enceintes), des personnes handicapées, des ambulanciers, des installations médicales, des médias et des établissements d'enseignement.

Pendant les 11 jours de l'attaque, les forces aériennes, terrestres et maritimes israéliennes ont mené une attaque militaire massive sur la bande de Gaza, la quatrième depuis 2008. Elles ont largué des tonnes de bombes explosives, faisant des centaines de morts et de blessés.

L'attaque a causé une destruction massive des infrastructures, des objets civils et des maisons, dont beaucoup ont été bombardées avec des résidents à l'intérieur. De nombreuses familles ont été complètement anéanties.

Les forces israéliennes ont appelé leur opération militaire "Gardien des murs", tandis que les factions palestiniennes ont appelé leurs attaques de missiles durant la même période "Épée de Jérusalem".

Selon le ministère palestinien de la Santé, ces attaques ont tué 254 Palestiniens, dont 66 enfants, 39 femmes et 17 personnes âgées, et en ont blessé 1 948 autres. (Le nombre de blessés a atteint 2 212, selon le bilan d'Euro-Med Monitor). Le rapport fait état du bombardement et de la destruction de biens civils, notamment des quartiers résidentiels, des tours, des maisons, des institutions, des organisations de la société civile, des sièges gouvernementaux, des installations religieuses et des infrastructures.

Les raids aériens israéliens ont également détruit ou endommagé des réseaux électriques, de communication et d'Internet, ainsi que de nombreuses autres installations économiques.

Le rapport souligne l'aggravation de la situation humanitaire en raison de l'attaque militaire israélienne et du déplacement massif d'environ 120 000 Palestiniens de leurs foyers dans la bande de Gaza. En plus de la punition collective, il contenait sur la population de la bande de plus de deux millions de personnes.

Au cours de son attaque militaire, Israël a commis de graves violations des règles du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité, de nécessité militaire et de protection spéciale dans les conflits armés.

Diverses armes et munitions et une force destructrice disproportionnée ont été utilisées contre les habitants de Gaza et leurs biens. Ces actes violent les lois relatives à la protection des civils et de leurs biens en temps de guerre, prévues par le droit international humanitaire, notamment la quatrième Convention de Genève de 1949, qui concerne la protection des civils en temps de guerre.

Les forces israéliennes ont tiré des roquettes et des obus contenant des milliers de kilogrammes d'explosifs lors d'attaques aveugles ou parfois planifiées, sans se soucier de la sécurité des civils dans la bande de Gaza, qui est l'un des endroits les plus densément peuplés au monde.

Les conclusions juridiques des attaques et leurs conséquences et effets confirment que ce qu'Israël a fait peut s'apparenter à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le bombardement de maisons alors que leurs habitants étaient encore à l'intérieur et le bombardement aveugle en sont des exemples.

La CPI devrait inclure ces pratiques dans les enquêtes qu'elle a finalement décidé de mener sur les violations antérieures, s'employer sérieusement à demander des comptes aux dirigeants et aux soldats israéliens et ne pas leur permettre d'échapper à toute sanction.

L'Union Européenne doit activer tous les outils de pression sur Israël pour mettre fin à ses violations continues. La communauté internationale doit assumer ses responsabilités morales et juridiques afin de parvenir à la responsabilisation, à l'équité et veiller à ce qu'Israël soit tenu responsable de ses crimes et que les Palestiniens obtiennent protection et justice.

Des mesures doivent être prises pour mettre fin au blocus de Gaza et à la punition collective dont sont victimes les habitants de la bande de Gaza. Il faut également faciliter la reconstruction et la financer de manière adéquate, tout en assurant un soutien urgent pour aider les familles confrontées à des difficultés après l'attaque. 

Le rapport en arabe