Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a condamné l'arrestation par la police israélienne de la journaliste palestinienne Guevara Al-Budairi, correspondante d'Al-Jazeera dans le territoire palestinien et appelle à sa libération immédiate.

 

Dans un communiqué de presse, Euro-Med Monitor a déploré le comportement violent de la police israélienne envers la journaliste lors de sa couverture des affrontements dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est occupée et la destruction d'une caméra utilisée par l'équipe d'Al-Jazeera.

 

Al-Budairi couvrait les manifestations de solidarité avec le quartier de Sheikh Jarrah à l'occasion du 54e anniversaire du jour de la Naksa, lorsqu'Israël a occupé la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, le Golan et le Sinaï.

Des témoins oculaires ont déclaré à une équipe de terrain d'Euro-Med Monitor que le journaliste Al-Budairi a été détenu dans un poste de police israélien de la rue Salah El-Din à Jérusalem après avoir été menotté et violemment poussé.

 

Ils ont ajouté que la police a demandé à la journaliste sa carte d'identité, et elle leur a dit qu'elle était dans la voiture, mais lorsqu'elle est allée la chercher, ils ne lui ont pas permis de partir, l'ont rapidement menottée et l'ont emmenée dans la voiture de police.

 

Euro-Med Monitor est préoccupé par le ciblage systématique par Israël des équipes de médias dans le territoire palestinien, surtout après la destruction récente de bâtiments résidentiels à Gaza, qui abritaient des dizaines de bureaux de médias. La tour résidentielle al-Jalaa figurait parmi les cibles et comprenait le siège principal d'Al-Jazeera dans la bande de Gaza le 15 mai.

 

Il y a trois jours, la police israélienne avait libéré deux journalistes palestiniens de Jérusalem, Wahbi Makkiya et Zina Halawani. Leur libération conditionnelle nécessitait de purger une assignation à résidence pendant cinq jours, d'être expulsés du quartier de Sheikh Jarrah pendant un mois et de payer une amende d'environ 600 dollars.

 

Les journalistes Zeina Al-Halawani et son collègue Wahbi Makkiya ont été arrêtés le 28 mai alors qu'ils couvraient les événements de Sheikh Jarrah. Pendant leur arrestation, ils ont été battus et ont souffert de diverses contusions.

 

L'agression de la police israélienne a causé une hémorragie au niveau de la tête du journaliste Wahbi Makkiya, tandis que sa collègue Zeina Al-Halawani a subi de multiples blessures et a endommagé sa caméra.

 

Le 21 mai, la justice israélienne a prolongé de 11 jours la détention administrative du cameraman d'Al-Ghad TV, Hazem Nasser. Le journaliste a été arrêté le 12 mai après avoir franchi un poste de contrôle israélien à l'entrée de Tulkarm, en Cisjordanie, alors qu'il revenait de couvrir des affrontements entre l'armée israélienne et des jeunes Palestiniens.

 

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a déclaré que le fait que les autorités israéliennes prennent pour cible les journalistes palestiniens dans l'exercice de leur métier est une politique systématique et un comportement honteux, alors qu'il n'existe aucune mesure internationale de responsabilisation pour dissuader ces violations. Selon Reporters sans frontières, les autorités israéliennes ont détenu au moins 13 journalistes palestiniens, dont la plupart sont en détention administrative.

 

Euro-Med Monitor a appelé les autorités israéliennes à libérer immédiatement Al-Budairi et tous les autres journalistes détenus. Euro-Med a également exhorté le gouvernement israélien à cesser d'attaquer les journalistes palestiniens et d'entraver leur travail.

 

Le groupe de défense des droits de l'homme a averti que la poursuite de telles violations à l'encontre des journalistes viole les droits fondamentaux consacrés par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques. La détention administrative constitue également une violation importante de la Quatrième Convention de Genève, qui a accordé aux journalistes le droit de couvrir les conflits armés. Ces lois considèrent les journalistes comme des civils qui ne doivent pas être attaqués ou pris pour cible s'ils ne participent pas aux hostilités.

 

Euro-Med Monitor a averti que les autorités israéliennes seraient soumises à une responsabilité légale devant les Nations Unies et ses organes si elles poursuivaient leur politique agressive envers les journalistes. La Chambre d'appel de la Cour pénale internationale a reconnu que les journalistes effectuant des missions dans les zones de guerre servent l'intérêt public en attirant l'attention de la communauté internationale sur les violations dans les conflits armés et en fournissant des faits. La communauté internationale est tenue de protéger et de sécuriser les journalistes et d'imposer des sanctions internationales aux personnes qui portent atteinte à leur sécurité.

 

En outre, l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme souligne que les journalistes dans les territoires palestiniens ne font qu'exercer leur métier et ne doivent pas être traités par les autorités israéliennes comme des coupables. En conclusion, Euro-Med Monitor appelle à une action sérieuse de la part des Nations Unies et des organisations internationales concernées pour mettre un terme aux violations commises par Israël.