Genève - Treize organisations internationales et yéménites de défense des droits de l'homme, dans une pétition adressée au Comité des Nations Unies sur les travailleurs migrants, ont exprimé leur préoccupation concernant la résiliation par l'Arabie saoudite des contrats de travail de milliers de travailleurs yéménites dans le sud du royaume.

 

Les organisations ont appelé à exercer une pression sur les autorités saoudiennes pour qu'elles reviennent sur cette décision injustifiée.

 

Les organisations ont déclaré dans leur pétition qu'elles ont reçu des informations selon lesquelles les autorités saoudiennes ont récemment pris la décision sans préavis de résilier les contrats de milliers de Yéménites travaillant dans les régions de Jazan et de Najran, à la frontière du Yémen, et ont accordé aux citoyens saoudiens quatre mois à compter de la date actuelle pour licencier tous leurs travailleurs yéménites et les remplacer par des travailleurs d'autres nationalités, sans leur communiquer de justification.

 

Cette décision soudaine de l'Arabie saoudite témoigne d'une discrimination manifeste à l'égard des travailleurs yéménites et affecte les droits fondamentaux de milliers de Yéménites qui n'ont commis aucune violation ni aucun crime, ce qui soulève des doutes quant aux motifs réels de cette décision, selon la pétition.

 

Les organisations ont indiqué que la résiliation des contrats de travail des travailleurs yéménites signifie également la résiliation de leurs contrats de location de logement, ce qui peut conduire à leur expulsion du pays.

 

Plusieurs travailleurs dont le contrat a été résilié ont déclaré aux organisations que leurs employeurs leur ont conseillé de chercher du travail dans d'autres régions du royaume que le sud afin d'éviter l'expulsion, sauf que cela est très difficile à organiser dans un délai aussi court, notamment en raison de la complexité du droit du travail des expatriés en Arabie saoudite.

 

"Nous sommes gravement préoccupés par la décision qui, si elle est mise en œuvre, aura de graves répercussions sur la situation économique au Yémen, indique la pétition.

 

"Il y a environ trois millions de Yéménites à l'intérieur du Royaume saoudien dont les transferts de fonds sont considérés comme un soutien clé de l'économie yéménite. La survie d'innombrables familles yéménites dépend des envois de fonds de leurs proches en Arabie saoudite."

 

Les organisations ont souligné que la résiliation arbitraire des contrats des travailleurs migrants yéménites et l'expulsion éventuelle d'un grand nombre d'entre eux aggraveront considérablement les souffrances du Yémen, qui connaît une crise humanitaire grave et prolongée et une récession économique due au conflit en cours depuis sept ans.

 

"Nous soulignons que les restrictions imposées par les autorités saoudiennes aux travailleurs yéménites dans le pays violent les obligations du Royaume énoncées dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques qui garantissent le droit au travail et la liberté de choisir ce travail", ont déclaré les organisations.

 

Elles ajoutent que ces restrictions violent également la Convention de 1958 concernant la discrimination en matière d'emploi et de profession, et la Convention Internationale de 1990 sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, qui affirment toutes deux des conditions de travail sûres sans discrimination en termes de sexe, d'origine, de forme ou de religion.

 

"Par conséquent, nous vous demandons d'utiliser vos mandats pour intervenir de toute urgence et exiger que le gouvernement saoudien revienne sur la décision d'expulser les travailleurs yéménites car elle constitue une mesure arbitraire injustifiée. Les autorités saoudiennes doivent protéger le statut de résident des travailleurs yéménites afin de mettre fin à leur peur du spectre de l'expulsion," indique la pétition.

 

La pétition appelle également à la formation d'un comité international chargé de surveiller la situation des droits de l'homme en Arabie saoudite, notamment dans les régions du sud où le pourcentage de travailleurs yéménites est élevé, et de contrôler les conditions des travailleurs migrants dans ces régions.

 

Les signataires:

1- Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme

2- Organisation SAM pour les droits et libertés

3- American Center for Justice (ACJ)

4- Radar des droits pour les droits de l'homme

5- Association des mères des personnes enlevées

6- Organisation yéménite pour le développement communautaire

7 - Centre de Taiz pour les droits de l'homme

8 - Fondation de défense pour les droits et libertés

9 - Centre yéménite pour les études

10 - Yémen Sans Conflit (Yemen Without Conflict)

11 - Addameer Organisation pour les droits et libertés

12 - Conseil de Genève pour les droits et libertés

13 - Fondation pour soutenir la paix et la démocratie (FSPD)