Genève - Le vote des Etats membres du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies de ne pas prolonger le mandat du Groupe d'experts éminents sur le Yémen aujourd'hui est amèrement décevant, a déclaré aujourd'hui l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme dans une déclaration. Cette décision perpétue l'impunité et ignore la réparation des victimes.

 

La décision de mettre fin à la mission est un pas en arrière sur le chemin de la justice et viole ce que les rapports de la mission ont confirmé tout au long de ses quatre années de travail concernant la perpétration d'actes par toutes les parties au conflit yéménite pouvant s'apparenter à des crimes de guerre, ce qui nécessitait d'activer les mécanismes internationaux de responsabilité, et non de mettre fin à l'enquête.

 

La mission a publié des rapports successifs documentant une série effroyable de violations des droits de l'homme et d'abus commis par toutes les parties au conflit, notamment des bombardements aveugles, le ciblage de civils, des attaques aveugles, le recrutement d'enfants, les disparitions forcées, la détention et la torture extrajudiciaire.

 

De plus, cette décision de mettre fin à la mission d'enquête internationale envoie des signaux négatifs aux parties au conflit au Yémen, afin qu'elles poursuivent leurs violations, compte tenu de l'abandon des victimes yéménites par la communauté internationale et de l'incapacité à leur rendre justice en perpétuant l'impunité.

 

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a envoyé la mission en 2017, et c'est le seul organe international, impartial et indépendant qui rend compte des abus et des violations des droits de l'homme au Yémen.

 

Le Conseil des Droits de l'Homme a approuvé la non-prorogation du mandat de la mission d'enquête en vertu d'un projet de résolution soumis par les Pays-Bas. La décision a été soutenue par 21 pays et rejetée par 18 pays, tandis que sept pays se sont abstenus en l'absence de l'Ukraine.

 

Des mécanismes internationaux efficaces sont plus que jamais nécessaires pour œuvrer à épargner les civils dans le conflit armé au Yémen et pour demander des comptes aux parties qui pratiquent des violations systématiques des droits de l'homme, compte tenu de la situation humanitaire extrêmement dangereuse que connaissent les civils qui sont systématiquement pris pour cible par les groupes armés, la coalition arabe et le gouvernement yéménite.

 

Des mesures concrètes doivent être prises pour mettre un terme à ces violations et un tribunal international spécial doit être créé pour demander des comptes aux auteurs de ces violations afin de mettre un terme à l'impunité et de renforcer le respect des droits de l'homme à un moment où les années de conflit au Yémen montrent que toutes les parties sont peu incitées à mettre un terme à leurs violations en l'absence d'une véritable responsabilité internationale.

 

Face à l'abandon des civils yéménites par la communauté internationale, le Conseil des Droits de l'Homme et ses Etats membres devraient faire pression sur les parties au conflit au Yémen, y compris les groupes armés, pour qu'elles respectent les règles du droit international humanitaire et épargnent aux civils les dangers qui pourraient les affecter.