Cela fait neuf mois que Israël a accepté le cessez-le feu mettant fin à sa troisième offensive militaire, la plus massive jusqu’à ce jour, contre 1,8 million d'habitants de la bande de Gaza. Or, des promesses faites par Israël pour assouplir son blocus qui dure depuis neuf ans, par l'Egypte pour faciliter la poursuite des négociations et par la communauté internationale pour financer la reconstruction, aucune n’a été tenue.

L'armée israélienne tire régulièrement sur les pêcheurs ou confisque leurs bateaux, alors qu’ils essaient tout simplement de gagner leur vie. Rien qu’en avril, 15 cas de tirs ont été relevés, dont un ayant causé des blessures et des dommages matériels.

De même, bien que le coût de l’aide, du redressement et de la reconstruction dus à la guerre de l'été dernier est estimé à 4 milliards de dollars et que les donateurs internationaux aient promis 4,5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, seulement 954 millions de dollars ont été versés au début du mois d’avril.

Il n’est donc pas étonnant que l'UNRWA ait suspendu son programme d’assistance aux réparations et à la location en raison du manque de fonds, et que l'organisation israélienne Gisha rapporte que sur les 5 millions de tonnes de matériaux de construction nécessaires, seulement 9 % sont effectivement entrés à Gaza.

L'Egypte s’est joint à Israël pour isoler Gaza. Dans ses statistiques annuelles de 2014, le Ministère de l'Intérieur de Gaza a indiqué que le passage de Rafah avait été fermé 66 % du temps. Une tendance qui continue en 2015. Le 19 avril, le Ministère a rapporté que le passage de Rafah avait été fermé pendant 100 jours depuis le début de 2015, la plus longue fermeture depuis 2009.

Les conséquences n’en sont que plus prévisibles. Le taux de chômage a grimpé à 43 % et, selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB de la bande de Gaza a chuté de 24 % au troisième trimestre de 2014. Et ceci s’applique à une économie qui était déjà agonisante.

À l'exception de certains militants tels que ceux qui ont embarqué à bord du bateau Marianne, voguant maintenant de la Suède vers Gaza, l'attention du monde s’est tournée vers d'autres priorités. Toutefois, la situation de Gaza reste une crise qui va déboucher sur une nouvelle guerre, ou à tout le moins, provoquer, à grande échelle, une souffrance considérable si la communauté internationale ne prend pas ses responsabilités.

L’Observatoire Euro-méditerranéen pour les droits de l'Homme appelle donc instamment la communauté internationale à:

  • Mettre tout en œuvre pour pousser le Gouvernement israélien à mettre fin au blocus de Gaza.
  • Appeler le Gouvernement israélien à mettre fin aux attaques contre les pêcheurs, les agriculteurs et autres citoyens civils, une pratique en violation de la Convention de Genève de 1949.
  • Faire pression sur le Gouvernement égyptien, en utilisant l'aide internationale comme un levier, pour qu’il ouvre le passage de Rafah, sans aucune restriction.
  • Enquêter et à demander des comptes au Gouvernement israélien quand il est accusé de crimes de guerre et de violations continues des droits de l'Homme. Aucune barrière ne doit entraver le droit des Palestiniens ou d'autres personnes à demander réparation auprès d’acteurs tiers tels que la Cour pénale internationale.
  • Soutenir l'appel des Palestiniens pour l’ouverture d’un port commercial à Gaza qui garantira la libre circulation des biens et des personnes.